Tout commence avec le feu. Cet élément déjà sacré qui changea la vie des hommes avait une place centrale dans leur habitudes et rituels.
Ce feu qui protège, réchauffe, nourrit, et nous embaume délicatement. C’était autour du feu qu’ils se rassemblaient, échangeaient et préparer à manger. Puis, les premiers hommes jetèrent dans le feu des bouts d’écorces d’arbres résineux, de plantes aromatiques. Et c’est à ce moment-là que l’Homme put se rendre compte de l’effet des effluves dégagées par la fumée. C’était une expérience nouvelle car leur odorat surdéveloppé était surtout présent pour assurer leur survie. Grâce aux odeurs et à l’analyse de celles-ci, ils pouvaient deviner quand le temps était en train de changer, quelle baie cueillir pour se nourrir, quel animal s’approchait. L’odorat était l’accès principal à l’esprit humain et ils s’en servaient pour évoluer dans ce monde hostile.
C’est ainsi que grâce à cet odorat, cette connexion direct avec l’extérieur qui emplit notre être, que les premiers hommes découvrirent l’encens et les vertus des plantes aromatiques.
Ce souvenir est resté gravé en nous, au fin fond de notre ADN et de notre inconscient. Pour en prendre conscience, mettez-vous près du feu et observez à quel point cet archétype révèle des sensations profondes en vous. L’odeur associée à la chaleur révèle en nous des souvenirs inégalables et d’une forte puissance. Ajoutez-y des plantes et laissez-vous porter par la fumée sortant des braises : presque aucune autre expérience de fumigations peut nous chambouler autant.
Par la suite, les hommes ont commencé à récolter des plantes en fonction de leurs odeurs. Ils testèrent les plantes en les faisant brûler en fonction de leur partie et de ce qu’ils pouvaient y (re)sentir. Ils associaient leur expérience directe, en laissant l’intellect de côté, avec leur sensations.
Peut-être que finalement, faire brûler des encens est surtout une posture de ressentis, et non de réflexion ?
C’est comme cela que les premiers hommes purent comprendre et avoir une expérience directe des plantes en fumigations : le sapin rafraîchit l’atmosphère et nous libère les voies respiratoires, la cannelle réchauffe et calme les excès d’appétit… Tandis que les graines de datura provoque des hallucinations et nous emmènent dans une autre dimension.
L’association subtile de l’odorat avec l’expérience. Voilà ce qui conduit les premiers hommes à savoir et reconnaître les plantes médicinales en fumigations. Les plantes étaient aussi fortement présentes pour accompagner les défunts et aider l’âme à faire le grand voyage vers d’autres mondes.
Peu à peu, ils intégrèrent les plantes lors de rituels et elles servaient aussi et surtout de messagères, emportant avec elles les prières et invocations qu’ils formulaient en les faisant brûler.
C’est autour du feu que tout commença, et c’est ainsi que la tradition se perpétue.
Nous allumons avec le feu notre encens en bâton, ou bien notre charbon, notre encens en cône, afin de pouvoir nous délecter des plantes et de bénéficier de toute leur sagesse, de toute leur médecine.
Voilà pourquoi, brûler un encens restait, reste et restera un acte sacré.
